Bien-être

Booty Therapy : l’art de bouger ses fesses pour libérer ses émotions !

Et si bouger nos fesses nous permettait nous libérer et de nous reconnecter avec notre corps ? 

Il y a quelques jours j’ai revu mes amies d’enfance, et par amies d’enfance j’entends qu’on a fait notre rentrée en première année de maternelle ensemble. On a échangé sur nos vies, nos métiers, nos envies, nos projets et nos activités du moment.. Juliette nous a parlé des cours de danse qu’elle suit actuellement, les cours de Booty Therapy ! Tellement intriguée par cette pratique, je me suis dit qu’il serait intéressant de réaliser un article sur cette danse qui s’inscrit tout à fait dans la démarche que je souhaite défendre : se reconnecter à soi, faire la paix avec son corps et s’aimer une bonne fois pour toute comme on est ! 

Voici donc mon premier article façon interview avec en illustration une superbe réalisation de Juliette, elle-même ! 

 

Juliette, peux-tu nous expliquer ce qu’est le Booty Therapy ? 

Alors, le Booty Therapy, c’est un genre de danse. Le principe c’est de s’affirmer en tant que femme et de découvrir ton corps. En gros c’est de la danse qui passe par des mouvements que tu ne t’autorises pas en temps normal. Dans notre culture occidentale, bouger ses fesses est rapidement associé à la pornographie ou à l’acte sexuel tout simplement. Le Booty Therapy s’inspire de danses africaines, orientales.. qui sont pour la plupart des danses de fête que l’on retrouve dans les cérémonies traditionnelles, les mariages.. Ce sont donc des danses hyper festives malheureusement ici elles peuvent être mal perçues.. Quand je suis revenue en France (Juliette a vécu son adolescence aux Antilles) j’ai été choquée de voir qu’il n’y avait pas du tout le même rapport à la danse. Là-bas le rapport au corps est différent, on danse beaucoup, c’est un héritage et une façon de célébrer des moments de vie, pas de provoquer des rapports sexuels ! Je ne pouvais pas danser ici comme on dansait la-bas, c’était mal interprété sinon. Avec le Booty Therapy je retrouve ce rapport au corps pour raconter une histoire, se libérer.. Le mouvement c’est synonyme de vie ! 

Sais-tu d’où vient ce concept de Booty Therapy à proprement parlé ? 

Il me semble que c’est assez récent, je crois que c’est une parisienne qui est à l’initiative de ce mouvement en Europe, Maïmouna Coulibaly. Elle a mis en évidence la théorie selon laquelle bouger son boule revient à bouger un muscle au nom un peu archaïque, l’ilio-psoas : il s’étend du bassin jusqu’aux cuisses. De nombreuses émotions sont bloquées dans ce muscle : en le bougeant, on vient libérer nos émotions et donc on se sent mieux. 

Je fais un peu le lien avec mon article sur les Violences faites aux femmes, j’imagine que c’est donc une pratique qui peut aider dans la guérison des femmes qui ont été abusées sexuellement ? 

Exactement, c’est une façon d’extraire des émotions, donc je suppose que pour les femmes qui ont été victimes cela peut les aider à renouer avec cette partie de leur corps certainement chargée en émotions négatives, à recréer du lien et à apaiser grâce aux mouvements du bassin, du périnée et des fesses. 

On l’a bien compris, l’idée c’est de bouger ses fesses en toute liberté, mais comment se passe un cours concrètement ? J’imagine que ça ne doit pas être simple de remuer son boule comme ça devant des inconnus.. D’ailleurs, êtes-vous uniquement entre femmes ? 

Ça peut paraître en effet un peu bizarre dit comme ça mais tout le monde vient pour la même chose, on n’est pas du tout dans le jugement ! Le but c’est vraiment de se libérer ! Dans mon groupe il n’y a que des femmes mais ce n’est pas fermé aux hommes tant qu’ils jouent le jeu eux-aussi. 

Pour ce qui est des cours, on n’est pas du tout dans un objectif de performance mais vraiment de libération. En fait, on fait de petites choré à thème, des exercices. Au mois d’octobre par exemple, dans le cadre d’octobre rose, nous avons fait une choré sur les gestes de palpation en prévention du cancer du sein : on a donc appris en musique à détecter les signes importants !

Pour te donner d’autres exemples il y a un exercice où la prof se met au fond de la salle et par groupe de trois on s’avance vers elle avec pour objectif de la séduire. Ça donne naissance à des situations improbables où une nana que tu ne connaissais pas il y a deux minutes te dit « Hé ! Hé! Tu peux me dire si mon cul bouge ? Je ne vois pas de là ! », ça rapproche !

Il y a un exercice très libérateur aussi, il s’appelle « la piscine » : on forme un cercle en se tenant toutes les mains, au signal on court ensemble au centre de la ronde et on décharge tout ce qu’on a à décharger : on crie, on hurle, on tape des pieds.. à la fin tu n’as plus de voix ni de tympan mais tu te sens tellement plus légère !

Personnellement je suis étonnée car quand tu en parles on sent une énergie de groupe, une cohésion. J’aurais pensé qu’entre femmes il y aurait beaucoup de retenue et beaucoup de critiques par peur de ce que les autres peuvent penser justement.. 

En fait ce qu’il faut se dire, c’est que si tu y vas c’est que tu n’es pas coincée à ce niveau là et que tu es tolérante avec les autres mais aussi avec toi même et puis tu sais pourquoi tu y vas surtout ! C’est vrai, lorsqu’il y a une fille qui ose un peu plus, on est plutôt du genre à l’encourager. D’ailleurs, il y a même un exercice qui consiste à encourager une paire de fesses, c’est assez drôle comme situation ! Tu ne connais pas la nana, tu encourages ses fesses, elle est dos à toi donc elle est libérée de ton regard et ça lui permet de se lâcher plus ! Je te jure que ça crée des liens !

On bouge nos fesses mais mine de rien c’est du sport : un cours dure une heure et tu sens vraiment tes muscles travailler, la première fois le lendemain j’avais trop mal aux.. mollets ! J’ai eu aussi beaucoup de mal à m’endormir après le premier cours, j’étais énervée, je n’avais pas envie d’arrêter !

Comment as-tu découvert le Booty Therapy ? 

Bonne question ! Je ne sais plus très bien.. Je crois que j’avais vu un reportage au Grand Journal sur les bienfaits de bouger ses fesses. En fait je voulais reprendre le sport depuis un moment, la danse me tentait beaucoup mais je ne voulais rien de contraignant, je voulais un exutoire en fait. J’avais essayé les cours de danse au lycée mais comme je n’en avais jamais fait et que toutes les filles du groupes en faisaient depuis l’enfance, je n’étais pas du tout à ma place. Là il n’y a pas besoin d’avoir un niveau, il faut juste avoir envie de bouger son corps. 

J’ai trouvé un studio de danse à la Roche sur Yon, ils proposaient les cours de Booty Therapy, je suis allée aux portes ouvertes et j’ai adhéré tout de suite. 

Je suis super curieuse de savoir quel est le profil des femmes qui assistent à ce cours. Combien êtes vous d’ailleurs ? 

Nous sommes une vingtaine et je dirais que la moyenne d’âge est de 25-30 ans, mais il y a des filles beaucoup plus jeunes. Une fois une jeune fille est venue accompagnée de sa maman, quand le cours s’est terminé elle n’en revenait pas que sa mère ait bougé avec autant de plaisir, c’était drôle ! Toutes les femmes sont représentées dans ce cours. Il y a des personnes très minces comme d’autres plus athlétiques ou plus rondes. On pense à tord que si on est trop mince on ne peut bouger ses fesses par exemple, c’est totalement faux, tout le monde peut ! Tout se passe dans le bassin ! Il n’y a pas de profil type pour pouvoir bouger ses fesses : toutes les femmes et tous les corps doivent être célébrés !

Est-ce que cette pratique t’aide à prendre confiance en toi et à te sentir bien dans ton corps ? 

Je dirais que ça « légitimise » mon corps, c’est à dire que je prends conscience que j’ai des attributs qui ne sont pas « sales » contrairement à ce que la société essaie parfois de nous faire penser. Quand tu bouges ces attributs, tu te les appropries, tu les rends jolis.. ça va finalement dans le sens du mouvement hyper féministe du moment. Je trouve  que c’est une pratique idéale pour se réapproprier son corps. Quand je faisais de la course à pieds, certaines parties de mon corps me gênaient car elles bougeaient. Là, au contraire, tu es contente quand ça bouge : tu as de la graisse qui bouge, donc t’as de fesses donc tes fesses bougent, vivent, c’est une partie de toi en fait ! Mais c’est une partie qu’on ignore tout le temps : la plupart du temps on est assise dessus ! Là ce n’est pas le cas, tu es séduisante, tu te sens séduite, tu reproduis un truc un peu ancestral en fait..

Quels conseils donnerais-tu aux femmes qui ne se sentent pas prêtes à bouger comme cela devant d’autres et peut être même qui ne se sentent pas de danser comme cela pour elles-mêmes ? 

À celles qui hésitent à suivre les cours je leur dirais qu’il faut qu’elles tentent au moins une fois. Au pire elles sauront que ce n’est pas pour elles ou qu’elles ne sont pas encore prêtes. Mais si elles y vont il faut que ce soit parce qu’elles  en ont l’envie et qu’elles y prennent du plaisir. 

Pour celles qui ne sont pas prêtes, je leur conseille de s’entraîner chez elles, seules à la maison, de se renseigner sur les danses tribales, de regarder des vidéos, de commencer par danser dans le noir si c’est trop difficile puis progressivement d’apprendre à se regarder en s’aidant d’un miroir pour voir ce que provoque le mouvement de leur bassin sur leurs fesses. 

Quelles infos complémentaires peux-tu nous donner ? 

Il y a encore peu d’écoles de danse qui proposent le Booty Therapy. Il existe des stages qui se déroulent à Paris et qui sont ouverts à tout le monde sur inscription. Vous pouvez retrouvez des infos sur le compte Instagram @bootytherapyofficial.

Je souhaite sincèrement remercier Juliette pour ce partage, pour son temps et pour ses talents de dessinatrice ! 

À vos playlist, bougez bien vos boules & libérez vous ! 

Marie. 

1 commentaire

  1. Zab a dit :

    Si les intentions sont bonnes et louables..et qu elles peuvent nous correspondre ….soyons ouverts aux nouveautés qui nous guident vers la connaissance de nous même

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