Bien-être

Votre corps n’est pas votre ennemi : vous vous trompez de cible !

corps

Pourquoi cet article ?

Pendant le confinement, comme un certain nombre de personnes, ma mère a fait du rangement chez elle. Elle a retrouvé un genre de « journal de bord » qui m’appartenait. À quoi servait-il ? À noter CHAQUE matin mon poids, mes mensurations et le détail de chacun de mes repas au cours de la journée. Évidemment chaque séance de sport y était mentionnée. Ce qui m’a fait un choc ? La première date dans ce journal : le 10 juillet 2009. J’avais 14 ans. Il n’y avait pas encore les réseaux sociaux, en tout cas pas pour moi, ni le flux d’images qu’on voit partout de nos jours. Mais j’étais déjà obsédée par l’apparence de mon corps. Après avoir vu ça, je suis allée chercher mon journal intime d’ado qui traînait dans ma chambre, histoire d’y retrouver mon état d’esprit de l’époque. Sur la première page je me présente, j’ai 13 ans et mon objectif numéro 1 dans la vie c’est de « perdre du poids », c’est écrit comme ça ! Mais merde, j’avais pas autre chose à faire ? Depuis cet âge là je n’ai jamais cessé d’essayer tout un tas de régimes, j’ai tout fait, j’ai fait énormément de sport : certains dans lesquels je trouvais beaucoup de plaisir comme le volley, d’autres où c’était clairement une contrainte, mais il le fallait, je me forçais. Je me suis ainsi tapé tous les TBC, Bikini Body et autres challenges avec beaucoup d’espoir et d’entrain, je me suis levée à 5h30 le matin pour courir avant de commencer mes journées. Et pour quoi au final ? S’il y avait eu du plaisir dans tout ça, d’accord, ok ! Mais ça n’était le cas.  J’ai donc pris ce fameux carnet de bord et j’ai comparé mes mensurations et mon poids à celui d’aujourd’hui. Et devinez quoi ? J’ai pris 1 cm au niveau des cuisses et du ventre et 1,5kg en tout. En 11 ans !!! Quelle est ma conclusion dans tout ça ? J’ai perdu un temps fou à me détester alors qu’en réalité mon corps est comme ça, c’est tout ! La preuve ! Pour des raisons de santé que je n’évoquerai pas ici j’ai changé mon alimentation depuis le premier janvier dernier : je ne peux plus manger de sucre rapide (même les fruits), de fromage, de gluten, de café, bref la liste est longue. Je pensais perdre enfin beaucoup de poids, eh bien non, pas du tout ! Aujourd’hui dans cet article je voudrais vous exposer mon point de vue sur le sujet de l’acceptation de soi, je sais qu’il ne s’agit pas d’une thématique originale mais je voudrais vous montrer que  selon moi, le poids n’est pas qu’une question de sport et d’alimentation, il y a des choses bien plus complexes dont on doit se délester si (et seulement si, il n’y a aucune obligation ici) on veut s’alléger dans tous les sens du terme et s’accepter tel(le) que l’on est. Je voudrais aussi vous dire ô combien il est important de ne pas vous dévaloriser et de ne pas vous convaincre que vous êtes moche, car c’est la meilleure façon de convaincre les autres et ils finiront par vous voir comme tel(le). Croyez moi, je sais de quoi je parle ! 

Une histoire qui dure depuis longtemps

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours trouvée trop en chair. Sauf au niveau de la poitrine, quel comble !  Pour être tout à fait honnête, mon premier souvenir de dévalorisation date de la grande section. Je prenais des cours de natation et dans la queue du toboggan je comparais mes pieds à ceux de mes copines âgées de 5 ans : mon dieu que mes gros orteils étaient trop gros ! Je n’étais pas normale, j’étais trop grosse. 

5 ans, c’est pas un peu tôt pour arrêter de s’aimer, ou plutôt pour commencer à se détester ? 

Pourtant, aucun membre de ma famille ne me faisait de réflexion à ce sujet, on disait juste que j’étais musclée, ce qui rendait ma mère très fière je crois. Vers l’âge de 9-10 ans des copines ont commencé à porter des soutiens-gorges, normal, elles commençaient à avoir de la poitrine. Si vous saviez les comédies que j’ai faites à ma mère pour qu’elle m’en achète ! C’est finalement ma marraine qui m’en avait offert un pour mes 10 ans, il faut dire qu’elle aussi en avait entendu parler. Je les ai tellement voulus ses seins, je les ai rêvés si fort, j’ai tellement mis de chaussettes dans ce joli soutien-gorge mauve qu’ils ont fini par me dire « Merde, t’es trop relou on viendra pas ! » Et aujourd’hui je suis à peu près sûre que je rentre encore dans ce soutien-gorge de petite fille. Ah.. le Karma ! 

Durant mon adolescence rien ne s’est vraiment arrangé. Obnubilée par mon poids mes copines ne m’identifiaient finalement que par rapport à ça, j’étais la fille que se plaignait de son corps. À l’âge où il y a eu les premières histoires d’amour, ou plutôt les premiers chagrins, c’était compliqué, selon moi tout était à cause de mon physique. Alors qu’en réalité, si je n’avais pas été focalisée là-dessus je suis sûre que ça aurait été différent. M’habiller d’une façon plutôt que d’une autre, calculer les moindres détails, enchaîner les périodes à ne rien manger et puis celles à combler le manque… C’était un cercle vicieux. 

Après ma majorité c’est devenue une obsession. Et mes pensées sont devenues en quelque sorte ma réalité. 

L'impact de nos mots et de nos pensées sur nous-mêmes et sur les autres

À force de me convaincre que mon corps avait un problème, j’ai réussi à convaincre les autres. Aujourd’hui je sais que tout est de ma faute et que si je m’étais comportée différemment j’aurai attiré des personnes certainement plus bienveillantes autour de moi. 

J’ai eu des réflexions du genre « C’est la première fois que je sors avec une ronde », « Normalement je ne sors pas avec des rondes » et je sais aujourd’hui que je ne l’étais pas mais j’en étais tellement persuadée. La pire phrase qu’on m’ait dite, et j’en ai déjà parlé je crois dans mon article sur les violences, c’est « Tu sais, faut que je m’habitue à ton corps, mon ex était super bien gaulée ». Si vous saviez la claque que je me suis prise ce jour là ! 

Heureusement d’autres hommes ont été gentils avec moi (au moins à ce niveau là) et m’ont permis de reprendre (difficilement) confiance en moi. Je les en remercie aujourd’hui même s’ils ne font plus partie de ma vie. 

Ma poitrine est restée toutes ces années un complexe, au point de prendre rendez-vous et de faire les examens médicaux nécessaires à une opération. Ce problème ne sortait pas de ma tête. Jusqu’au jour où j’ai compris… et c’est là que tout a changé.  

Notre corps n'est ni le résultat de notre assiette, ni celui du nombre de séances de sport que l'on fait dans la semaine, en tout cas pas uniquement

Bien évidemment qu’il est primordial de bien manger et de faire une activité physique quelconque régulière (je ne parle pas de courir des marathons !). Mais nous devons le faire pour notre santé, pas pour un résultat physique. J’ai donc compris que notre corps n’est pas uniquement le reflet de notre assiette, de la qualité de notre sommeil et du nombre de séances de TBC (Top Body Challenge, pour celles/ceux qui ne sont pas maso et qui auraient la « chance » de ne pas savoir ce que c’est) que l’on fait par semaine. Notre corps est aussi (et surtout ?) le reflet de notre histoire, de notre vécu, de nos expériences, de nos blessures. Je répète ! De nos BLESSURES !!! Vous savez : Madame Abandon ? Madame Colère ? Madame Trahison ? J’en passe et des meilleures. 

Mais vous savez quoi ? En plus de nos propres blessures nous portons AUSSI celles de nos ancêtres, de nos parents. Des histoires qui ne nous appartiennent pas mais qui nous pèsent inconsciemment, parfois dans tous les sens du terme. Je sens que je vais en perdre avec cette histoire de transgénérationnel, tant pis ! Je suis convaincue de ce que j’avance, vous n’êtes pas obligé de poursuivre la lecture, ni de croire ce que je raconte. Prenez ce qui vous plaît ! 

Il y a des types de corps qui parlent à la place des gens et qui trahissent leurs blessures justement. Si vous ne connaissez pas le livre Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau, je vous conseille vivement de le lire pour une première initiation. Elle évoque les types de morphologie en fonction des blessures les plus communes. Mais on peut observer des choses parfois tellement précises et découvrir des caractéristiques corporelles très parlantes qui témoignent avec beaucoup de justesse l’histoire des gens. Là, je ne m’intéresse qu’à l’apparence extérieure mais vous vous doutez bien que si ces blessures ont un impact physique visible, elles ont aussi, selon moi des impacts à l’intérieur de notre corps. Ainsi on sait à quelles émotions correspondent nos organes. Pour exemple, les gens avec des problèmes de foie ont une émotion très présente en eux : la colère. 

Le déclic

Voilà des années que je rencontre des professionnels qui ont tenté de m’aider à cheminer.  Et si vous m’avez lu jusque là vous vous doutez qu’il n’est pas juste question d’un problème de poids, c’est beaucoup plus profond que ça. Ce problème n’était que le résultat d’un mal-être en amont. Tout comme il faut comprendre que les gens qui mangent « trop » n’ont pas un problème de volonté, c’est bien plus complexe que ça, le comportement alimentaire est le résultat d’un problème plus profond, plus ancré, qui n’a pas été réglé et qui pousse à manger pour calmer des angoisses souvent non-identifiées, non-identifiables, enfouies très loin dans l’inconscient. Tout comme quelqu’un qui consomme trop d’alcool, de tabac, de drogue, de sexe, de jeux d’argent.. d’excès de plaisirs tout genre : il ne s’agit que d’une réponse à quelque chose de tellement plus compliqué que juste un besoin de fumer, boire etc pour le plaisir. Pourquoi a-t-on autant besoin de plaisir ? On en a besoin bien sûr, mais quand c’est dans l’excès, je pense qu’il faut se poser les bonnes questions. 

J’ai donc rencontré un certain nombre de professionnels en tout genre : une kinésiologue m’a beaucoup aidée mais c’est un médecin assez extraordinaire je dois dire, spécialiste en hypnose et EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) qui m’a poussée au bout du bout du bout du bout du bout pendant plus d’un an et demi et qui m’a enfin aidée à re-naître. Je ne le dois qu’à moi, c’est moi qui ait décidé d’aller mieux, mais c’est elle qui a su m’accompagner au mieux. C’était dur, c’était douloureux, c’était éprouvant. Mais c’est comme pour tout dans la vie, si vous ne décidez pas pour vous même, il ne se passera jamais rien. En tout cas il ne se passera pas ce que vous espérez secrètement. 

Grâce à elle, j’ai compris mon histoire, j’ai compris mon passé, j’ai identifié mes problématiques, j’ai changé ce qui n’allait pas dans ma vie, j’ai aussi compris pourquoi ma poitrine avait disparu aussi vite qu’elle était arrivé, oui, oui, je vous jure :  tout s’explique ! Et quand on comprend, quand on se comprend, ça change tout. Je ne suis pas encore arrivée à destination, je ne sais pas si on y arrive un jour. Travailler sur soi est un travail de longue haleine qui nécessite de se remettre en permanence en question, de sortir de sa zone de confort, de se replonger parfois dans ce qui est trop douloureux. Mais tout ce travail est nécessaire pour s’en libérer. Comprendre mon histoire signifie pour moi l’accepter enfin. Et quand on accepte enfin son histoire, on peut enfin s’en libérer. 

C’est exactement la même chose pour le corps. Notre corps n’est pas notre ennemi, c’est même notre meilleur ami. N’est-il pas incroyable ? Grâce à lui on peut vivre, danser, aimer, bouger, courir.. alors profitons-en ! Sait-on pour combien de temps cela va durer ? Accepter son corps,  tel qu’il est, c’est enfin se libérer de cette relation toxique qu’on entretien avec lui pour vivre enfin en pleine harmonie avec lui. Si nous renions notre corps, nous renions notre histoire et alors nous renions qui nous sommes… je pense que ça finit par poser un problème à un moment donné dans notre vie. 

Foutons-lui donc enfin la paix avec cette tyrannie de la minceur, du corps idéal. Donnons lui de l’amour, prenons en soin, donnons lui de bonnes choses à manger, pleines de bons nutriments, arrêtons de l’intoxiquer avec de la bouffe industrielle, des boissons surchargées en tout, touchons le avec amour et bienveillance. Franchement, pour tout ce qu’il est capable de faire dans une journée, il mérite tellement mieux que ça ! Vénérons-le ! Il est sacré ! 

Le pouvoir de se sentir trop belle/beau

Pour terminer cet article très long et très personnel je voulais aussi souligner l’importance de se sentir trop canon/belle/beau/désirable. Avez vous déjà expérimenter une journée ou vous vous sentez super belle/beau, vous ne savez pas pourquoi aujourd’hui mais c’est comme ça, bizarrement, les gens vous le disent ! Ce que vous pensez émet en permanence de vous-même. Pensez de belles choses et vous attirerez de belles choses. Pensez ET croyez que vous êtes irrésistible et vous serez irrésistible ! 

Avez-vous déjà vu sur Netflix le film I feel pretty ? Si vous ne connaissez pas, foncez ! C’est un peu l’histoire d’une Bridget Jones de notre époque qui se sent moche, nulle et grosse, qui ne rêve que d’une chose : être mince. Un jour à la salle de sport elle se cogne violemment la tête et quand elle reprend ses esprits, son regard sur elle-même a changé : elle se trouve trop canon, super mince alors qu’en réalité elle est toujours la même. Pourtant, tout change dans sa vie, elle a du courage pour tout et tout lui réussit. 

Le problème ce n’est donc pas notre corps, c’est le regard que l’on porte sur lui. 

Pour finir...

Je pourrais avoir honte de vous raconter tout ça mais en réalité ce n’est pas du tout le cas. Je suis tellement heureuse d’être allée de l’avant, de m’être fait violence et d’avoir eu le courage de faire tout ça. Si cet article vous a plu je ne manquerais pas de vous partager d’autres idées sur le sujet et d’autres choses qui m’ont aidée dans toute cette approche.

Chaque corps est beau, chaque corps raconte une histoire, un combat (puisque l’on est encore là), chaque corps est unique, chaque corps a le droit d’exister. Chaque corps a sa place ici sur terre, tout comme chaque âme a sa place dans l’univers. C’est la diversité de nos corps qui nous rend beaux.

Célébrez votre corps ! Reconnaissez avec amour et bienveillance celui des autres, acceptez la différence, acceptez d’être différent, d’être vous même en fait, et ne participez plus à cette connerie de norme qui nous empêche de vivre en étant pleinement qui nous sommes. 

Vous êtes belles & beaux comme vous-êtes, 

Soyez fier(e) de vous, 

Soyez fier(e) de votre corps, 

Soyez fier(e) de votre histoire même si elle vous a heurté(e) au plus profond de votre être, c’est elle qui fait la magnifique personne que vous êtes aujourd’hui. 

Soyez fier(e), 

C’est tout. 

Je vous kiss, love, flex, avec bienveillance bien-sûr. 

6 commentaires

  1. Véronique a dit :

    Bravo Marie pour cet article. C’est très courageux de partager sur ce sujet. Je partage ton point de vue et malgré notre différence d’âge 😉 tu est une personne inspirante pour moi 😊. Tu avances à ton rythme avec détermination humour et bienveillance mais surtout n’arrêtes jamais d’écrire 🙏😘

    1. Marie a dit :

      Merci ma Véro ! 🙏 Je suis une fois de plus extrêmement touchée par tes mots, ils me vont comme toujours droit au coeur. J’avance aussi grâce aux belles rencontres qui arrivent sur mon chemin, si tu vois ce que je veux dire 😉 Merci pour tes encouragements 😘😘😘

  2. Jeanne a dit :

    Ayant vécu une partie de tous ces questionnements, tu ne peux pas savoir à quel point je suis fière de toi, à quel point je suis heureuse pour toi que tu puisses écrire un article sur ce sujet là, qu’il soit si bien écrit et que je te retrouve dans tes mots. Et qu’enfin tu arrives à t’apercevoir petit à petit de la merveilleuse personne que tu es ♥️

    1. Marie a dit :

      Oh ma Jeanne, c’est toi qui es merveilleuse, merci d’avoir été à mes côtés pendant toutes ces années, Ditto ♥️♥️♥️

  3. astrid a dit :

    Excellent, Marie. Cet article est très parlant, et mériterait d’être partagé auprès de nombreuses personnes complexées, à commencer justement par les ados… ! Un grand bravopour tous ces mots justes.

    1. Marie a dit :

      Merci beaucoup Astrid pour ce commentaire qui me fait extrêmement plaisir. Je suis heureuse de voir que cet article parle à un certain nombre de personnes..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez